c r i t i q u e
Ileana Cornea, janvier 2008
Les peintures de Chantal Legendre appartiennent à une esthétique et une
éthique artistique singulières…
Quand certaines artistes femmes s’emparent de la peinture et qu’elles
sont libres de toute préconception formelle, leur écriture picturale
tourne le dos à la réalité et à la vie diurne. Elles inventent un
langage personnel, un peu tarabiscoté. Leurs sujets de prédilection sont
souvent la femme et la nature. Les femmes qu’elle créent ont des corps
et des visages inventés, et la nature omniprésente dans leurs œuvres
apparaît non pas comme chez les Impressionnistes vivante et lumineuse
mais comme à travers un filtre.
L’imaginaire féminin est à part.
Léonor Fini cultive son « égo » se confondant organiquement avec les
règnes végétal et minéral. Dans la peinture de la Vénitienne Manina, le
corps de la femme est traversé par une nature spectrale.
Issues du même lignage poétique, les peintures à l’huile et les
peintures de verre de Chantal Legendre participent à cette esthétique
fantasque qui semble directement dictée par l’inconscient.
Elle aussi représente essentiellement des femmes et des paysages dans
ses œuvres. On peut penser aux Préraphaélites.
Seulement chez les artistes anglais la représentation de la femme, de
son corps et de ses charmes est redevable à une éthique « idéelle » et
mystérieuse. Leur symbolisme étant conçu et construit. Chez Chantal
Legendre, comme chez Léonor Fini et Manina le symbolisme est
consubstantiel à son imaginaire de femme.
Ses fragiles sylphides ignorent les lois de l’apesanteur. Des intuitions
et des pressentiments font que leur corps et leurs visages ne font qu’un
avec leur être comme l’arbre avec la terre et la terre avec l’univers
tout entier…. Qu’est ce qu’au juste le féminin ?
Dans les toiles, de Chantal Legendre, les couleurs vont par couples ;
Le jaune qui rappelle l’ambiguïté de l’or avec le rouge vermillon, Le «
jaune d’or » avec le mystérieux cinabre. Le bleu, aussi est associé à ce
jaune d’or qui revient sans cesse. Rien n’est complètement innocent dans
ce mariage chromatique.
Il crée des lumières et des fluides, engendre une savante alchimie des
effets en mouvement c’est l’allégorie de la nature, et la nature est
femme.
Une certaine sophistication maniériste traduit sa recherche de
l’harmonie. Dans cette quête picturale de l’absolu, veut concilier les
contraires .
Rien n’est complètement innocent non plus dans l’imaginaire de la femme,
mais tout en elle est au service de la vie.
Ses paysages prennent une dimension atemporelle.
Ils expriment quelque chose d’apocalyptique, un monde à l’état originel.
L’artiste les appelle d’ailleurs : Inspiration, ou la Vallée de
l’espérance.
Dans ses peintures de verre, le printemps de glace se pose sur le relief
des montagnes et vallées.
Ce formidable travail sur la matière semble découpé d’une banquise, ou
d’un morceau de nature d’avant l’avènement du soleil. Des gouttes comme
les gouttes de pluie se métamorphoseront dans des gouttes de larmes pour
refléter l’image d’un monde à venir. |
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Mon travail commenté par Francis Parent, Critique d’Art (membre de l'A.I.C.A.)
Classification du travail de Chantal Legendre (Chanath) :
Les figurations sont douces
figures formellement, matériellement, plutôt douces (Edward Hopper, Balthus, Edouard Pignon, P. Klossowski, Sam Szafran, A. Garcia Lopez, ...).
Les combinaisons sont structurées
combine indifféremment lignes, couleurs, matières ou volumes de façon plutôt structurée (Michail Heizer, Anish Kapoor, Miguel Barceló, ...).
D’une "humanité" (allant de la Vie à la Mort)
- de façon factuelle (John de Andrea, Duane Hanson, Itsvan Sandorfi, ...)
- ou bien symbolique (James Ensor, G. Rouault, F. Gruber, Zoran Music, Rebeca Stevenson, Jan Vercruysse, ...), ...
Explore et décline une même thématique ou une même ressource (objet, materiaux, ...)
pour lui faire dire un maximum (les "Saintes Victoires" de Cézanne, les "Marylin" de Andy Warhol, les "méthodes" de Rutault, les "corps" de J. et D. Chapman, ou de Katharina Fritsch, ...) ou d'une même ressource (objets, matériaux, etc.: les "bananes" de G. Titus Carmel; les "soldats" de Miralda; les "mégots" de Damien Hirst ...) pour en explorer toutes ses facettes. |
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